Si vous n’avez pas eu de nos nouvelles depuis un petit moment, c est que nous avons profité de quelques jours de congés pour rompre un peu avec notre vie quotidienne et pour nous offrir des
vacances à l étranger : au Laos.
Pour nous faire pardonner de cette abscence, je vous propose le journal de ce voyage dans ce long post. Pour les moins intéressés, checker les photos dans les albums, c est
magnifique!.
Le trip initial avait pour but de faire éditer le nouveau VISA étudiant de Cécile (et il faut le faire dans une ambassade thaï), mais nous en avons aussi profité pour découvrir une partie de ce
continent qu’est l’Asie du Sud Est.
Le contexte est posé, laissez moi donc vous présenter davantage le Laos.
Le Laos se situe ici :
C’est un pays de 6M d’habitants possédant une superficie de 240 000 km2, donc on peut dire que cela reste très sauvage (la capitale, Vientiane ne compte que 200 000 habitants et a des
allures de petites bourgades, cf nos commentaires…). Le Laos reste un pays où la population est encore très pauvre. Son histoire est jalonnée de guerres, de conquêtes, d’emprises coloniales par
les puissances européennes et asiatiques, ce qui en fait un peu le parent pauvre de la région, le pays que l’on a oublié en cours de route… L’intérêt est que le pays reste encore authentique
et un endroit où le calme perdure. « Le joyau du Mékong », comme il est surnommé, est devenu aussi très à la mode de tous les voyageurs en quête d aventure, de simplicité, pour
tous ceux qui parcourent le monde en sac a dos (les backpackers !!). Dès la frontière passée, on ressent ce doux sentiment de « voyage »
Dès ce mardi soir, nous sautons donc dans le train direction Nong Khai dans le nord, à la frontière Lao-Thaïe. C’est notre premier long trajet en train puisque nous nous apprêtons à passer la
nuit dans notre wagon. L’arrivée à Nong Khai est prévue à 8h du mat après 12h de train… Nous ne serons pas déçus du voyage… La seconde est assez confortable / nous avons chacun notre petite
banquète où nous pouvons nous allonger. Il y a plein de petits vendeurs de nourriture, d’eau, … Finalement, la seule grosse surprise vient de la température. Nous avions opté, par défaut, par le
compartiment sans clim, juste ventilateur, et Cécile appréhendait un peu le fait de crever de chaud… Mais en fait, c’est le contraire. Avec la vitesse et surtout toutes les portes ouvertes, nous
avons eu trop froid. Moi qui me moquais des sacs préparés par Cécile, j’étais trop content de pouvoir retrouver ma polaire et mes deux tee-shirts pour la nuit ! Apres une nuit courte et
froide, nous voici donc dans le Nord de la Thaïlande. Les paysages de rizières sont magnifiques, les villages traversés semblent si paisibles sous la douce lumière du soleil qui se lève. Après un
bon café thaï chaud, nous voici donc à Nong Thai, où l on s’aperçoit que le passage de la frontière est une activité fort bien maitrisée par les locaux. Tuk-tuk jusqu’ au poste, queue, bus pour
passer le pont de l’amitié Lao-Thai (au dessus du Mekong !), re-queue, re-poste de frontière, stamps, et nous voici au Laos à 15km de la capitale Vientiane ! Là-aussi on voit que les
touristes qui sortent de la Thaïlande pour faire re-tamponner leur VISA sont monnaie courante. Encore un Tuk tuk jusqu’ à l’ambassade de Thaïlande où nous rejoignons tous les John, Peter, David,
… et Cécile complète tous les formulaires pour le VISA. Ce n’est pas trop compliqué et ils ont l’air d’avoir l’habitude (toute une organisation avec des gens qui vous prennent en charge
depuis l’entrée pour faire les photocopies, photos, …).
Vu que le jeudi est férié, nous aurons le VISA dans 2 jours, ce qui nous oblige en fait à changer tout notre programme de voyage (adieu la remontée du Mekong sur 2 jours…). Une fois le visa
réglé, nous partons à la recherche d’un hôtel sur Vientiane, douche et premier déjeuner Lao (Lao Lap, salade de poulet, menthe, piment) et préparation de l’aprem avec des visites. Nous optons
pour la location de vélos pour explorer les monuments les plus lointains. Pat That Luang, le monument emblématique du Laos, recouvert de feuilles d or. Puis balade sur les « champs
Elysées », où l’on ressent particulièrement la french touch laissée par les colons. Vu l’état catastrophique de nos vélos, nous optons alors pour un moyen de transport plus pratique (un
joli tuk tuk avec un chauffeur qui nous parle en français… il a surement gardé quelques traces de l’époque coloniale et Cécile en est toute émue) pour partir de l’autre côté de la ville vers un
temple où des fidèles proposent des soins traditionnels : massage Lao pour Cécile, et hammam/sauna aux herbes pour moi, le tout pour 4$. Le soir venu, fatigue comme pas deux, nous optons
pour un petit resto provençal (c est la première fois que nous pouvons manger dans un resto français depuis bien longtemps…). Je me régale de ratatouille et d une entrecôte au
bleu !
Nous dormons comme des loirs .J’ai quand même trouvé le moyen de me réveiller pour assister en direct à la seconde mi-temps de Lyon-Manchester, en ayant une grosse pensée pour les copains
lyonnais et nos soirées LDC de l année dernière… Je les imagine bien entassés au smoking dog en buvant de la MacEvens alors que moi je suis dans mon lit de l’autre côté du monde et surtout
en plein milieu de ma nuit.
Jour2 : VIENTIANE
Nous profitons d’un super petit dej sur la terrasse de l’hôtel au soleil pour bien commencer la journée. Outre les panneaux doublés en français, le Laos a gardé une trace visible et marquante de
l’époque coloniale : la baguette. Et c’est sympa de manger de la bonne baguette au petit dej !
Dès lors, à pied, nous partons pour une balade à travers les monuments de la ville. Les temples, les marches, les maisons coloniales, les végétations le long du Mekong (des badianes, des
tecks, ..), nous prenons le temps de bien nous promener. La soirée venue, nous nous installons à la terrasse d un café pour profiter du coucher du soleil sur le Mekong en mangeant du Ping
Kai (poulet grille au BBQ) et en dégustant de la Beer Lao. Royal !!!
Jour 3 : à la poursuite des éléphants sauvages.
Nous partons très tôt ce matin car la journée est chargée. Nous avons prévu de rejoindre un tout petit village traditionnel au pied d’un parc naturel connu pour contenir une population
d’éléphants sauvages. La journée commence plutôt mal à cause d’un problème de communication, nous nous retrouvons dans une navette passant à travers plein de petits villages, mais pas celui que
nous voulions ! 1h de retard au final. Nous arrivons tout de même à Ban Na, pas loin du trou du cul du Laos. Le Songtaew nous a déposé à un croisement d’une route déserte, en nous
disant : « voila, c est ici, il faut marcher maintenant… ». Heureusement, quelques mètres plus loin, des panneaux nous indiquent que nous sommes effectivement dans la bonne
direction. Arrivée dans BanNa, nous avons la chance de découvrir un village complètement authentique, où les femmes s’adonnent a des activités manuelles, pendant que les hommes font des travaux,
travaillent aux champs, et les enfants jouent et courent dans les rues de terres battues. On ne peut trouver plus authentique ! Tous les habitants nous accueillent avec des SABAI DII, de
grands sourires, c’est vraiment fabuleux. Nous retrouvons notre point de départ et nos guides où nous préparons la rando, et goutons un peu de lao lao (alcool de riz, et oui il faut bien se
donner des forces !). Une grosse demi-heure après, nous voici parti dans le parc national du Phu Kao Khuay sur les traces des éléphants. Malheureusement, dès le départ, les guides sont assez
pessimistes sur nos chances de voir des éléphants, car les bougres ne se montrent pas facilement. Pas grave, nous marchons dans la jungle en admirant la faune et la flore. Après une bonne
heure de marche, soudain, gros coup de stress : le guide ouvreur s’arrête et demande le silence. Nous nous stoppons tous et entendons des bruits de bambous qui craquent et qui sont
mâchés…les éléphants sont à côté de nous ???!!! et non, grosse montée d’adrénaline pour rien, car ce ne sont que des poulets sauvages ! Mais bon, comme des bleus, nous avons quand même
eu un bon coup de stress car les guides n’avaient pas l’air rassuré pendant une fraction de seconde !
Dès lors nous rejoignons la tour d’observation, c est un endroit où les touristes sont conviés à passer la nuit pour avoir une chance d’apercevoir les éléphants. En effet, un guest book témoigne
des passages et expériences de différents hôtes, et nous lisons que les éléphants sont passés la nuit d’avant en plein milieu de la nuit. Ca à l’air d’être une expérience mémorable. Là- haut, nos
guides nous préparent un excellent repas que nous dégustons avant de reprendre la rando. Le tour se finit et nous disons au revoir à notre petit village pour repartir. Le temps nous est compté
car nous devons prendre notre Bus pour Luang Prabang, dans le nord du Laos ce soir. Heureusement, je négocie le tuk tuk, le plus pourri de Vientiane. Ah c est sur que j ai eu un bon prix vu la
vitesse de l’engin !!! Enfin c’était folklo surtout qu’on lui indique la route à notre copain !
Le voyage durera 12h dans des conditions de oufs ! Route ultra dangereuse avec des précipices de tous les côtés, un bus chargé comme vous ne pouvez l’imaginer (avec des mobs sur le
toit !!), des freinages ultra brusques juste avant de grosses épingles à cheveux… Enfin, trop difficile de dormir ! Mais bon, après quelques heures de stress à tous les virages,
la fatigue vous gagne, et peu à peu vous céder au bras de Morphée !
JOUR4 / Luang Prabang, le joyau touristique :
Arrivés à Luang Prabang, nous partons à la recherche d’une guesthouse pour la nuit. Le moindre que l’on puisse dire et que nous sommes saisis par l’ambivalence de la ville : d’un côte la
passibilité et la richesse des temples où les bonzes s’attachent à leurs tâches quotidiennes, et de l’autre un flux de touristes avec tout ce qu’il faut pour les accueillir : restos,
guesthouse, agence de voyage proposant des excursions aux alentours. A notre surprise, les prix pratiqués ont doublé par rapport à notre « vieille édition » du lonely planet de
2005 ! Il semble que Luang Prabang soit victime de son succès. Il faut dire que sa réputation n’est plus à faire : inscrite au patrimoine de l’UNESCO certain dise qu’elle est restée la
cité la plus authentique d’Asie. D’autres affirmes que c’est la plus belle ville du monde et la plus spirituelle. Et c’est vrai que la citée est un petit joyau avec une organisation par
quartier, et des temples magnifiques et vivants dans chaque coin. C’est un plaisir de se promener et se perdre dans les méandres de ses petites rues. Notre seul regret est cet afflux de
touriste et surtout le fait qu’il faille tout payer et payer relativement cher (comparé à notre vie thaïe). Mais peut-on en vouloir aux habitants de profiter du tourisme que génère leur
citée ??
En fin de journée, nous visitons le temple le plus grandiose, Vat Xieng Thong, en profitant du coucher de soleil sur le Mékong… L’histoire retiendra aussi que nous avons négocié l’entrée de
ce temple, oui c’est assez honteux, mais il ne restait que 25min avant la fermeture !
Le soir nous allons rapidos dans un petit resto Lao où nous dégustons un superbe curry lao, puis nous profitons de notre lit car c’est notre dernière nuit dans un vrai lit avant quelques
jours !
JOUR5 : Visites des alentours.
Aujourd’hui nous avons booké deux excursions dans une des nombreuses agences de la ville. Tout d’abord nous prenons le bateau lent sur le Mékong pour remonter à la grotte de Pak Ou. Belle ballade
où nous traversons un village « typique » (en fait un attrape touriste !) qui fabrique plein de beaux objets made in china (authentique !)
La ballade est assez longue et le timing complètement pas respecté. Nous arrivons en retard pour notre 2eme excursion, si bien que nous n’avons pas le temps de manger avant de partir. La deuxième
excursion nous emmène aux Tat Kuang Si Watefalls, de superbes chutes d’eaux sauvages, où nous nous baladons au milieu de la jungle. Comme toujours, la ballade se termine par la visite d’un
village où tous les touristes s’arrêtent… les gamins sont tous au bord du seul chemin cimente qui traverse le village (celui utilisé par les touristes) : « buy one for me 2
dollars !». La encore c’est un peu une dérive triste du tourisme de masse : « des animaux que les touristes viennent contempler avec compassion dans leur milieu naturel ».
Franchement, après notre vraie visite d’un village, cela nous donne un peu la nausée.
Bref, petite peur avec le planning car nous devons encore retourner à la bus station, acheter nos billets et attraper le dernier bus pour Vientiane. En fait, le dernier bus n’était pas le
dernier puisqu’il y en a 2 autres après (ça nous l’apprenons en arrivant à la bus station). Donc plutôt que de sauter dans le premier bus, nous préférons nous restaurer d’un petit sandwich
baguette et dune bonne beerLao. Quand je reviens au comptoir pour acheter nos billets (car on ne peut pas acheter en avance, nous sommes au Laos quand même !), malheur il est déjà
complet !!! Un petit peu remonté, j’emploie la méthode B, je me plante devant le comptoir en attendant l’ouverture des réservations pour le dernier Bus . Apres 30min durant lesquelles
je n’ai pas bougé du comptoir, l’employée daigne enfin s’intéresser à moi et me vendre 2 tickets. Tout est donc Ok, nous sommes prêt à repartir… sauf que, les deux précédents bus étaient bondés
de chez bondés (avec les malles et les mobs sur le toit), mais pour ce dernier nous ne sommes que 9 passagers. Ca c’est de la gestion de flux ! Du coup nous troquons le voyage en vieux bus
pour un super van, plutôt récent avec la clim et tout. Premier feeling plutôt positif. Problème, le van ne fait que 11 places assises avec les strapontins pas confortables et nous sommes :
13 ! Comment fait-on ? et ben on met une nana entre moi et la personne sur le strapontin plus un dans le coffre ! Et ouai, il suffisait d’y penser (on est en Asie, tout est
possible !). Le résultat est que le voyage s’annonce déjà beaucoup moins bien. Et malheureusement ce n’est pas fini... Dès le départ on a tout de même le sentiment que notre ami
chauffeur appuie bien sur le champignon (du genre 90 dans les villages limité à 30, où tu as des chiens et des vaches au milieu de la route…). Maintenant cela fait quelques mois que je m habitue
à la conduite asiatique, mais là, cash je me suis dis que c’était du grand n’importe quoi ! Outre le fait que ce type soit complètement inconscient des risques qu’il nous a fait prendre en
roulant comme cela, l’autre problème et qu’au lieu de faire le trajet en 12h comme prévu en bus, nous l’avons fait en 7h. Je ne vous explique pas qu’entre l’espace restreint et la conduite à la
Colin MacRae sur la route dangereuse de montagne, nous n’avons pas passé une nuit des plus agréables.
JOUR 6 : Attendre !
Nous voici donc arrivés vers 3-4h du mat (au lieu de 8-9h prévues) dans Vientiane avec ce con de chauffeur qui me demande dans quel hôtel il me dépose ! A bah non je n’ai pas booké d’hôtel
(c’est le principe du bus de nuit !) et à 3h, j’ai pas bcp de chance d’en trouver un, blaireau (à ce moment, je pense que j’étais pas loin de perdre la face surtout quand il m’a demandé
un pourboire pour me laisser à un autre endroit que la gare d’arrivée!).
Après réflexion, nous décidons donc de nous poser dans la gare proche du marché centrale, Talat Sao, en espérant une animation matinale vers 6h.
Autant vous dire que le tableau est comique, 2 clodos farangs, allongés sur les bancs de la gare avec tout les laos qui tournent autour à nous regarder de manière dubitative. Cela à beau
être un pays safe, je ne suis pas des plus rassuré. Nous pratiquons donc une alternance entre dodos et veilles.
Le soleil se lève, nous partons donc au marché pour boire un café lao et commence une longue journée d’attente. Nous attendons 13h pour récupérer le VISA à l’ambassade puis nous passons la
frontière. Nous voici de retour en Thaïlande et sur le moment nous sommes si content de retrouver « notre pays d’adoptions » et ces habitants. Puis nous allons à la gare de Nong Khai,
et nous attendons 18h30 pour monter dans le train. La commence le dernier voyage de ce trip, 14h de train pour arriver à BKK vers 10h du mat. De là nous rentrons à la maison, sautons dans la
douche, piscine, sieste, massages, enfin tout pour récupérer de cette belle aventure.
Encore beaucoup de souvenirs qui resteront gravés.